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Controverses sur le breton - le « bien parler » BRETON ! - Page 2
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Controverses sur le breton - le « bien parler » BRETON !
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Formation de mots
Les tenants du breton traditionnel notent que le vieux breton nous a laissé un précieux vocabulaire (rare) que des forgeurs de néologismes utilisent aujourd'hui pour produire des termes en breton dans le domaine de la philosophie et des sciences humaines. Ces mots sont incompréhensibles au plus grand nombre. Ils considèrent donc qu'il serait plus approprié d’adapter des termes empruntés à d’autres langues comme le français, tout comme l’anglais, le français et l’allemand s’empruntent mutuellement des termes techniques nouveaux.

À cela, d'autres répondent que les mots spécialisés sont peu compréhensibles quelle que soit la langue puisqu'ils nécessitent des connaissances spécifiques, donc peu répandues, et que les deux processus (création de mots par emprunt ou par construction de néologismes) coexistent.


Emprunt aux langues étrangères
Au moins deux positions existent à ce sujet, où là encore les clivages idéologiques sont primordiaux.

Les tenants du breton populaire constatent que ce breton ne dédaigne pas l’emprunt au français. Le breton, comme toutes les langues du monde, a toujours fait des emprunts aux langues voisines : latin, puis ancien français, moyen français et français moderne. La majorité des emprunts sont méconnaissables à présent car ils ont évolué selon la phonétique et la morphologie originales du breton. De même, le vocabulaire de cette langue reste en majorité celtique, sa phonétique n'est pas celle du français (en particulier son accentuation et sa ligne mélodique), sans parler de sa syntaxe très originale et de ses tournures idiomatiques extrêmement éloignées de celles du français.

Ils reprochent au breton utilisé et diffusé par le mouvement breton en revanche de refuser tout emprunt visible au français : plusieurs commissions constituées de spécialistes se sont chargées de créer des mots nouveaux, préfèrant « toujours » (d'après leurs détracteurs), l'emprunt au gallois (langue celtique historiquement proche) voire à l'irlandais (avec lequel la parenté est beaucoup plus lointaine) à l'emprunt au français, pourtant, d'après eux, plus « logique » et « historiquement naturel ».

Selon une autre « logique » le breton est une langue celtique, et donc en droit d'emprunter comme il l'entend dans son patrimoine celtique « historiquement naturel ». Ils ne voient pas en quoi l'emprunt au français serait seul « logique et naturel », ils estiment que les emprunts au français sont seulement plus « républicainement corrects ». Quand Françoise Morvan, choyée de certains médias mais inconnue comme bretonnante, s'indigne, dans le Nouvel Observateur en 2004, d'emprunts au gallois, il est clair que le caractère celtique du breton est diabolisé pour raisons idéologiques, que l'emprunt seul au français doit être légitimé par certaines autorités intellectuelles, que sur ces choix linguistiques (comme d'ailleurs sur le statut de leur langue) les bretonnants n'ont ni droit de réponse ni voix au chapitre.

A contrario, certains soulignent que le niveau de langue connu de ces locuteurs natifs est de plus en plus pauvre et qu'ils savent rarement écrire la langue qu'ils parlent, du fait qu'ils ont abandonné le breton dès l'âge de sept ans (scolarisation) et que leurs parents bien souvent les encourageaient à apprendre le français en abandonnant le breton. La caution des locuteurs natifs, bien que nécessaire, est donc à respecter tout en prenant de nombreuses précautions élémentaires.

Du point de vue de la syntaxe et des modes d'expression, on reproche à certains néo-bretonnants de calquer inconsciemment leur breton sur le français ce qui le rend difficile à comprendre. Cela provient du fait qu'ils ont « mal appris » à parler le breton, c'est-à-dire qu'il l'ont fait trop à partir de l'écrit, et qu'ils le prononcent en suivant le système phonétique français. En réponse, on peut dire qu'il est normal que le breton prononcé avec un fort accent français soit difficilement compréhensible aux bretonnants de naissance, de même que n'importe quelle langue prononcé par un Français débutant qui aura donc un fort accent français. Mais c'est une faiblesse qui se corrige avec la pratique, au contact de locuteurs de meilleur niveau. Le breton n'est pas plus inaccessible qu'une autre langue.


Commentaires sur l'évolution du breton au XXe siècle
Les détracteurs de la langue bretonne épurée des mots français lui reprochent de chercher à se couper de ses origines populaires pour des raisons supposées idéologiques : le mouvement breton, qui promeut ce breton épuré, serait avant tout bourgeois et citadin à l’origine, et développé presqu’exclusivement par des francophones ayant appris plus ou moins bien le breton dans les livres sur le tard. Les partisans d'un breton soutenu affirment au contraire qu'ils se placent dans la tradition de la littérature bretonne, qui tout en s'inspirant de la langue populaire cherche à développer une langue littéraire moderne.

Dans les écoles Diwan et les classes Div Yezh encore, on enseigne souvent le breton. Aujourd’hui, presque tous les élèves formés dans des établissement monolingues ou bilingues connaissent et parlent le breton, le français, l'anglais et souvent une quatrième langue. Ces enfants ne continueront à parler breton que si cette langue s'adapte à leur milieu de vie.



 
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