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J'ai
tué le sheriff
Pendant
les huit mois qu'il va passer à willmington,
petite bourgade industrielle du nord-est
des Etats-Unis, Marley travaille dur
pour mettre de l'argent de côté dans
l'espoir de pouvoir monter sa propre
maison de disques une fois revenu
au pays. Laborantin dans une usine,
ouvrier sur une chaîne de montage
Chrysler, gardien de parking, plongeur
dans un restaurant, il cumule les
emplois. Mais, lorsqu'il apprend que
son nom figure sur les listes que
dresse l'oncle Sam pour ravitailler
les Champs de bataille du Viet-nam
en chair à canon, il regagne précipitamment
son île.
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la faveur d'une visite de l'empereur
Hailé Sélassié en Jamaïque,
le culte rastafarien fortifie
son enracinement sur l'île.
C'est le moment que choisit
Bob pour sa conversion. C'est
aussi une période de grande
fertilité pour le jeune couple.
Rita a mis au monde une petite
fille prénommé Cedella qui,
un an plus tard, se découvre
un petit frère David, surnommé
" Ziggy ". " C'était notre premier
fils, raconte Rita. Bob était
très éxité. Comment allions-nous
l'appeler ? Je voulais le prénommer
David parce qu'il était né humblement
dans une petite maison, à Trench
Town, sur des journaux. Je pensais
que David était un bon nom pour
faire un grand fils. Bob l'a
aussitôt appelé Ziggy. Quand
je lui ai demandé pourquoi,
il m'a dit que son pied était
tout tourné et que Ziggy en
football, c'était un autre nom
pour désigner le dribble ". |
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Bob
retourne à Nine Miles, dans la maison
d'Omeriah où il installe sa famille.
Il cultive la terre, fume de la ganja
et compose avec ardeur. Sans Lee Perry,
Bob Marley serait peut-être resté
une flèche privée d'arc. Il s'était
lui -même donné le surnom de " the
Upsetter "-" l'Emmerdeur "- et sa
manière très iconoclaste de bousculer
les conventions d'injecter des idées
griffées par fantaisie et l'audace
en faisant le personnage phare de
cette fin de décennie ainsi que l'instrument
d'un bouleversement essentiel.

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