Prophète
à Babylone
Rita donne naissance à leur deuxième fils,
Stephen, et Bob partage son temps entre
leur maison de Bull Bay et celle du 56 Hope
Road, une résidence de type colonial que
vient d'acquérir Chris Blackwell dans l'un
des quartiers tranquilles du nouveau Kingston,
non loin des appartements du premier ministre.
Marley y travaille la journée, répétant
avec ses musiciens, jouant au football dans
la cour et fumant des joints à l'arrière
de la bâtisse. Il y vit également une passion
amoureuse avec Esther Anderson, une ancienne
petite amie de Marlon Brando, qui par ailleurs
ne peut prétendre à l'exclusivité de son
infidélité à Rita. Il arrive en effet à
Marley d'aller visiter les mères des nombreux
enfants conçus hors mariage. Pat Williams,
une de ses amies de l'époque Trench Town,
est la mère d'un petit Robbie Marley ; Janet,
une autre connaissance du ghetto, a un garçon
baptisé Rohan Marley. Pendant son deuxième
séjour à Londres, Marley avait rencontré
une autre Janet qui mit au monde une fille
prénommée Karen. C'est en Angleterre qu'il
connut la mère de son septième enfant, Justin
Marley. Le huitième fut le fruit de sa liaison
avec Anita Bellnavis, championne de ping-pong
des Caraïbes qui, au début de 1975, accoucha
d'une petite Kimane Marley. Sa relation
avec Cindy Breakspeare, Miss monde 1976,
permit à un petit Damian Marley de voir
le jour. Quant au dixième des enfants officiellement
reconnus, il porte le joli nom de Makeba
Janesta Marley, fille de Bob et d'Yvette
Morris, une secrétaire de Tuff Gong. Marley
a toujours dit que le seul péché qu'il se
reconnaissait était les femmes. Ses nombreuses
aventures amoureuses contribueront à compléter
le mythe. Ainsi Marley allait-il devenir
au fil de sa carrière un mélange inédit
d'Elvis Presley, de Bob Dylan, de Che Guevara,
de Jésus-Christ et de Dom Juan.
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En
février 1975, sort le troisième album
sur Island. Cette fois, signe de l'entame
d'une nouvelle époque, il se présente
comme un disque de Bob Marley& The Wailers.
Son titre, Natty Dread, fait référence
aux nattes du rasta et à son aspect
dangereux ( dread signifiant en bon
anglais " effrayant "). A l'exception
de No Woman No Cry, délicate ballade
autobiographique sur sa période passée
à Trench Town, le contenu de cet album
s'apparente à une collection de chants
guerriers destinés à troubler le sommeil
de la " bonne " société Jamaïcaine.
Après avoir décliné tous les maux accablant
du peuple, avec un point d'orgue le
très bluesy Them Belly full (But We
Hungry)- eux ventre plein (mais nous
avoir faim)-, sa conclusion est d'une
éloquente clarté : |
Il
faut parfois une révolution pour envisager
une solution.
S'il
faut le feu, qu'il brûle, S'il faut
le sang, qu'il coule. (Revolution)
