
Sur
sa tête, les dreadlocks, interminables nattes
de cheveux, épaisses comme des cordages,
longues comme des serpents, formaient la
tiare d'un souverain régnant sur une génération
sans frontières, sensible aux vibrations
du reggae et au message d'espoir qu'il propage.
Bob Marley possédait ce que l'on appelle
du charisme. Et se considérait surtout comme
le messager d'une nouvelle religion, le
rastafarisme. La foi fut l'axe essentiel
de sa vie, et le centre de son œuvre.
Il n'est pas un problème, de la crise financière
à l'écologie, de la famine à la prolifération
atomique, qu'il n'ait évoqué dans ses textes.
Savoir que les trois personnes les plus
riches du monde possèdent une fortune supérieure
à la somme des produits intérieurs bruts
des quarante-huit pays les plus pauvres
finit même par expliquer pourquoi sa musique
est toujours aussi populaire. Si elle est
partout, c'est parce que ça ne va nulle
part.
Bob
Marley faisait danser les gens en les aidant
à prendre conscience de certaines choses
se rapportant à la vie de tous les jours.
Dans l'une de ses premières créations, il
se définissait comme un " rebelle de l'âme
". Il n'eut cesse d'assumer cette rébellion,
d'en payer le prix, pour devenir le dernier
héros universel de ce siècle finissant.