
Marley
n'a pas quatorze ans lorsqu'il assite à
son premier meurtre. Il n'est guère plus
âgé lorsqu'il reçoit un coup de machette
en pleine figure. Pourtant l'adolescent
conserve une sorte de réserve, maintient
une distance entre lui et les autres. Il
observe et ce qu'il décrit dans Concrete
Jungle paraît si vraisemblable, c'est qu'il
en est le produit, mais aussi que l'attitude
adoptée dès son jeune âge relève de la pratique
symbolique. Très tôt, il s'est découvert
une alliée : la musique, qui le soustrait
aux embarras du quotidien, le fait s'évader
mentalement de cet enfer rôtissant au soleil.
Avec un fils d'un voisin, Bunny livingston-
qui par la suite adoptera le nom de Bunny
Wailer-, il passe des soirées dans la cour
de l'immeuble du 19 Second Street, à jouer
d'une guitare fabriquée maison avec pour
cordes des fils électriques dénudés et une
boite de sardines clouée sur un morceau
de bois en guise de caisse de résonance.
On appelle ça une " guitar ghetto ".
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Son
évasion n'est pas seulement abstraite…
A quinze ans, il décide de quitter l'école
où, selon ses professeurs, il était
un élève méditatif et doux. Depuis son
passage au radio-crochet du Queens Theatre
où il gagne un billet d'une livre, il
rêve d'une carrière de chanteur. Un
ami lui donne l'adresse d'un atelier
de soudures à South Camp Road dans lequel
il travaille quotidiennement huit heures
sous une cascade d'étincelles. Un jour,
où il opère sans lunettes, une torche
à acétylène à la main, il reçoit un
copeau de métal dans l'œil gauche. A
l'hopital, on diagnostique une éraflure
de la cornée. Mais la peur de perdre
la vue l'a dévasté au point qu'il décide
de ne plus retournes à l'atelier et
de tenter sa chance dans la musique.
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