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HISTOIRE
DE L'ARGANIER
pp. 65-66 Rapprochement de la population des espaces d'arganier
....."Plusieurs
textes législatifs ont été promulgués dans le but de faire
profiter beaucoup plus la population usagère de ces espaces
forestiers et de la responsabiliser vis à vis de ces espaces
afin d'en assurer une meilleure protection.
Ainsi,
dès 1951, il a été décidé d'affecter le cinquième des recettes
issues de la vente des bois aux usagers par le biais de la
commune rurale (Dahir du Mars 1951).
Six
ans après, le Dahir du 19 Juin 1957 fut promulgué pour améliorer
l'objectif et réserver des ristournes aux communes rurales
concernées. L'arrêté d'application de cette loi montre bien
à quel point les pouvoirs publics cherchent à se rapprocher
de la population usagère; de son droit coutumier et de sa
forte insertion dans ces milieux afin de mieux assurer la
protection de l'arganeraie. En effet, le volume des ristournes
a été fixé à 20% sur la valeur du bois et 50% des amodiations,
au moment où ces ristournes ne dépassent que très rarement
le seuil de 5% dans les autres communes rurales marocaines.
A
partir de 1976, les communes rurales vont être dotées de moyens
plus importants, après avoir décidé l'affectation de l'ensemble
des recettes forestières aux communes rurales concernées.
C'est le Dahir du 20 Septembre 1976 relatif à la participation
de la population au développement de l'économie forestière.
Cependant, il est stipulé qu'au moins 20% de ces recettes
forestières seront destinées aux opérations forestières pour
assurer la conservation de ces espaces et leur développement.
Malgré
toutes ces lois, ainsi que les droits dont jouissent les populations
de cette région, on constate le non-respect des différentes
réglementations qui pèse lourdement sur l'avenir de l'arganier.
Ce
problème qui se développé de lui-même réside en grande partie
dans l'accroissement de la population et donc de sa demande
en différents produits ainsi qu'en pâturage. Il s'est amplifié
avec le développement des cultures intensives sous l'arganier,
au détriment d'une culture traditionnelle cohabitant bien
avec cet arbre.
Devant
cette situation et conscient de l'intérêt de la protection
de cette forêt, étant donné les rôles qu'elle joue tant au
niveau économique, sociologique ou encore écologique (lutte
contre la désertification), le Ministère de l'Agriculture
a réagi dès juillet 1983 pour essayer de réglementer ces pratiques
agraires à travers un cahier général des charges.
A
travers tout ce qui vient d'être exposé, il s'avère que les
pouvoirs publics ont tenté de mettre en place une législation
particulière, permettant une large utilisation des droits
d'usage et de leur protection.
Les
communes rurales usufruitières ont bénéficié d'une large part
des ristournes forestières. Elles étaient même très favorisées
par rapport aux autres communes forestières de tout le pays.
Or, force est de constater un déséquilibre qui se manifeste
entre pratiques sociales et législation en cours. Celle-ci,
qui était à l'époque un moyen de sauvegarde du patrimonie,
est devenue actuellement un instrument "légal" pour la dégradation.
En
effet, les facteurs socio-économiques et les modes d'exploitation
agraire de l'arganeraie évoluent rapidement alors que la législation
ne suit pas avec le même rythme. Il faut par conséquent revoir
la législation en cours. Cette révision doit être axée sur
deux idées maîtresses: l'adaptation aux réalités actuelles
et la prise en compte de l'évolution probable dans l'avenir
afin d'éviter un éventuel autre déséquilibre qui ne fera qu'accentuer
la dégradation déjà sentie dans plusieurs zones de l'arganeraie.

HISTOIRE
L'ARGANIER
pg.
78 Utilisation de l'espace (les plaines du Souss)
A
l'époque, le système sylvo-pastoral domine largement dans
toute la région à arganiers. La population tire profit de
cet espace boisé par le ramassage de fruits, de bois de feu
et surtout par la pratique d'un parcours extensif.
Peu
à peu, les cultures céréalières prennent place dans le milieu
et commencent à occuper des surfaces de plus en plus importantes
sans pour autant perturber trop l'équilibre écologique. En
effet, partout ces superficies sont relativement faibles et
surtout, le travail du sol se fait avec des moyens traditionnels
ne blessent pas les racines de l'arganier.
Avec
le temps, et en raison de l'accroissement des besoins de la
population, les cultures céréalières commencent à se développer,
mais parfois au détriment de l'espace boisé puisqu'on assiste
à des défrichements répétés, provoquant par là la perturbation
de l'équilibre écologique de l'arganeraie, essentiellement
dans les régions de plaine et particulièrement celles du Souss.
Il
y a plus d'une vingtaine d'années, les cultures intensives
sous l'arganier prennent de l'importance, surtout dans le
Souss. Essentiellement maraîchères, en plein champ ou sous
serres, elles connaissent actuellement un grand élan.
Toutefois,
vu la rentabilité financière très élevée de cette pratique
intensive dans la plaine du Souss, une forte demande s'accentue
vis à vis de ce type d'exploitation intensive. A cet effet,
les usagers ne pouvant acquérir les moyens financiers pour
développer ce genre d'agriculture, louent parfois leur droit
à des étrangers au milieu, à un prix très élevé. Ces étrangers,
obsédés par le gain financier rapide et élevé, ne se soucient
point du devenir de la forêt, ce qui aggrave le problème.
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