Magazine Culturel Breton      


Personnage de Bretagne : Anne, Duchesse de Bretagne
(0 votes, average 0 out of 5)
Patrimoine - Personnage
Anne, Duchesse de Bretagne, et qui monta deux fois sur le trône de France, s'est acquis par ses hautes capacités une réputation et une gloire qui lui appartiennent en propre.
La force d'âme avec laquelle elle supporta, à la mort de son père, les plus grands revers, son habileté dans la direction de son duché, sa sage et prudente régence pendant la guerre d'Italie, la protection qu'elle accorda aux arts, aux sciences et à toutes les entreprises utiles, l'ont placée au rang des femmes les plus illustres.

Si quelquefois son esprit d'indépendance bretonne revêtit un caractère dominateur et orgueilleux, on doit pardonner cette faiblesse humaine à une intelligence qui, presque toujours, comprit si dignement la mission de la reine et celle de la femme.

Fille unique de François II, duc de Bretagne, Anne, toute jeune encore, succéda à son père dans un moment où les prétentions de la France sur le duché de Bretagne (prétentions qui s'appuyaient déjà sur plusieurs victoires) rendaient la conversion de cette province à peu près impossible.

A la mort de François II, des dissensions, fondées sur des intérêts individuels, éclatèrent dans le conseil de la jeune duchesse, et lui rendirent l'administration souveraine encore plus difficile. Ceux mêmes à qui leur position faisait une inviolable obligation de la protéger se soulevèrent contre elle.

Son tuteur, le maréchal de Rieux, mécontent de ce qu'elle refusait la main d'Alain d'Albret, protégé par lui, lui fit fermer les portes de Nantes, au moment où elle se réfugiait dans cette ville pour échapper à un parti de l'armée française qui avait voulu l'enlever à Redon. Avertie à temps de cette lâche trahison, et indignée d'une semblable déloyauté, Anne monte à cheval l'épée à la main, et, suivie de Dunois et de ses principaux officiers, elle se présente aux porte de la ville, ordonne qu'on lui ouvre, et impose tellement aux rebelles que les ponts-levis s'abaissent devant elle.

Mais cette généreuse fermeté, qui suffisait à arrêter des révoltes intestines, était impuissante contre le roi de France et ses armées ; la duchesse comprit qu'il fallait chercher un protecteur qui pût la défendre, elle et son peuple. Dans un âge où les intérêts de cœur dominent tous les autres, elle n 'écouta que la raison, et, sacrifiant son affection pour le duc d'Orléans (depuis Louis XII), elle se décida à accepter la main de Maximilien d'Autriche.

Mais ce dévouement à la cause publique n'eut point l 'effet que la duchesse en espérait. Maximilien n'envoya pas les secours sur lesquels elle avait compté. L'armée française s'était déjà emparée des principales places de la Bretagne, et Anne se vit forcée, après quelques triomphes sans importance et de rudes défaites, à demander la paix. On la lui accorda, mais à des conditions qui rendaient la France maîtresse d'une grande parti du duché. Charles VIII, pour consolider les droits que la guerre venait de lui donner sur cette belle province, demanda la main de la duchesse, qui l'accorda.

Devenue reine d'une des premières nations de l'Europe, Anne se montra en tout digne d'occuper le trône sur lequel elle était montée. Pendant les guerres d'Italie, Charles VIII, qui ne quittait point le commandement de ses armées, la nomma régente du royaume, et elle l'administra avec un talent et une prudence remarquables.

A la mort de Charles VIII, Anne se rendit à Nantes pour reprendre possession, aux termes de son contrat de mariage, du duché de Bretagne. Ce fut la première reine de France qui porta le deuil de son époux en noir ; jusque-là, elles l'avaient porté en blanc ; de là, sans doute, le surnom de Blanche donné à plusieurs veuves de nos rois.

Les mêmes causes politiques qui l'avaient décidée à accepter la main de Charles VIII se réunirent à ses sentiments personnels pour lui faire accepter celle du Duc d'Orléans, devenu roi de France sous le nom de Louis XII. Mais en contractant cette nouvelle union, elle n'oublia point les intérêts de son peuple, et elle obtint, par un traité particulier, que la Bretagne serait gouvernée comme elle l'avait été sous les ducs, et que ses droits et privilèges lui seraient maintenus.
Hits
Rétrolien(0)
Commentaires (0)Add Comment
Ecrivez un commentaire
 
 
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur
 

security image
Entrez les caractères affichés


busy
 

Actuellement sur ArtOuest

Nous avons 432 invités en ligne
Annonces de Locations de Vacances en BretagneGuide du Tourisme en Bretagne
Copyright © 1999 - 2017 ArtOuest. Site Web Breton par les Editions BonjourChezVous 
Guides Bretagne : Annuaire | Location Vacances | Tourisme   Portail de la culture par le ministere de la culture et de la communication   RSS 2.0