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Art et Culture en Bretagne


L'islam

Pour bien comprendre le déroulement des événements islamiques, il faut se rapporter à leur calendrier, bien différent du nôtre. Le calendrier islamique ou hégirien, c’est-à-dire débutant à la date de l’émigration du prophète à Médine, était en fait utilisé par les Arabes depuis une époque reculée. Comme presque tous les calendriers sémitiques, il est fondé sur les cycles de la lune, et non sur ceux du soleil ; à l’instar des calendriers julien ou grégorien. Le véritable début du mois, celui de Ramadan, par exemple, contrairement à ce que prédisent les calculs astronomiques, dépend de la vision physique que l’on aura de la lune. Un aperçu réel de la nouvelle lune, qui peut seulement se produire brièvement au coucher du soleil, n’est en général possible qu’un jour après sa manifestation astronomique. Cette instance à appréhender physiquement le phénomène reflète que, en islam, ce sont les conditions immédiates et ambiantes, plus que la théorie, qui réellement traduisent le rapport de la volonté Divine aux hommes, et que ce sont elles qui doivent déterminer les actes liés au sacré. Si le ciel est couvert et que la nouvelle lune reste invisible, on attribue trente jours au mois précédent avant le commencement de la nouvelle lune. (Le judaïsme connaît des prescriptions similaires en ce qui concerne un mois nouveau.)

Bien qu’en principe un mois couvre la période entre deux nouvelles lunes, en pratique, de nos jours, on ne cherche plus à observer le phénomène de visu, et les jours du calendrier s’écoulent selon les calculs astronomiques des mouvements lunaires. Jusque récemment, une exception demeurait pour l’annonce du Ramadan et du mois de pèlerinage, qui, étant donné leur importance rituelle, devaient, plus que toute autre date, être en conformité avec la tradition. Aujourd’hui, cependant, alors que le point de vue traditionnel est quasi universellement abandonné, la plupart des pays ont opté, pour déterminer la date du Ramadan et des fêtes religieuses, simplement de s’en remettre aux calculs de la nouvelle lune par l’astronomie sans leur apporter de corrections selon une vision, réelle ou non, du phénomène. Il n’en est pas moins possible, pour certains pays où le renouvellement effectif de la lune aura pu être observé à partir de leur territoire, d’annoncer le Ramadan seulement un jour plus tard, ou bien avant même que le phénomène ait pu être observé ailleurs dans le monde.

« Commencer les mois sur la base de calculs astronomiques déterminant la date de la nouvelle lune fut une pratique instaurée sous les Fatimides par le général Jawhar après la fondation du Caire. Cette pratique a toujours été condamnée par les sunnites comme bid’ah, ou innovation blâmable. Comme pour les calculs modernes, ceux des Fatimides concernaient  la nouvelle lune astronomique et non la vision du processus lui-même, cette dernière aurait été beaucoup plus complexe car il aurait été nécessaire de déterminer la position de la lune non seulement sur l’écliptique, mais aussi relativement à l’horizon physique. » [5]

( extrait du mémoire de sociologie de Mlle Christelle Ingouf )


 
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