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La
Macédoine
est au bord du précipice et risque
de tomber dans les méandres de la
haine. Les attaques des rebelles albanais
de l'UCK font trembler tout le pays
mais aussi cette région si fragile
appelée les Balkans. La paix semblait
revenue après la chute inespérée du
despote Milosevic. Les Albanais, après
tant de souffrance, pouvait rêver
de tranquillité à défaut de paix stable.
La province du Kosovo s'imprègne lentement
de tolérance sous la tutelle de la
KFOR, bien souvent critiquée. L'arrivée
au pouvoir du nouveau président serbe,
Voljislav Kostunica, et la volonté
de Belgrade de faire comparaître quelques
tortionnaires devant les tribunaux
nationaux, soulèvent un peu d'espoir.
Les Albanais du Kosovo, sans conviction
d'indépendance, pouvaient bénéficier
d'un semblant de plénitude
Alors qui sont ces rebelles qui s'attaquent
à la petite République de Macédoine
? Ils se font appeler de la même manière
que l'Armée de Libération du Kosovo,
mais leur objectif paraît bien différent
et beaucoup plus nationaliste. Ne
rêvent-ils pas d'une Grande Albanie
comme la Grande Serbie fut le prétexte
aux massacres perpétués par les Serbes
? La Macédoine, peuplée à 80% d'Albanais,
peut-elle faire face à cette flambée
de violence ?
Elle est bien lointaine la somptueuse
Macédoine où le beau jeune homme,
fils de Philippe II, voulait dominer
le monde. Alexandre, le tendre et
le cruel, éperonnant Bucéphale représentait
toute la puissance d'une région maintenant
meurtrie. A vouloir imposer la dominance
d'une " race " macédonienne, Alexandre
Le Grand a fait, de son rêve d'union
nationale, un grand flop. La région
des Balkans ne chante pas l'unité
d'une seule voix mais crie plutôt
sa haine du multiethnisme.
La rébellion, qui accable la Macédoine
et le sud de la Serbie, agit pour
des raisons obscures et non plébiscitées
par la population albanaise. Cette
recrudescence de terreur et des maquis
ne peut que nuire au peuple. Quand
comprendront-ils que l'on n'obtient
rien par la guerre ? L'armée yougoslave
s'est déployée au sud du Kosovo, voilà
le résultat. Ces actes prouvent que
ce sont les Albanais qui mettent le
feu aux Balkans et à l'Europe. Ce
peuple, espérant une main tendue de
la part des Occidentaux, risquent
d'être déçu. C'est une manœuvre indirecte
à la réoccupation du Kosovo par la
Serbie.
Qui sont ces rebelles ? Le peuple
albanais a élu démocratiquement ses
représentants politiques et aucun
groupe ne peut parler en son nom.
Le spectre de la Grande Albanie flotte
et effraie. Un racisme antialbanais
est en train de se propager dans les
pays européens. Les hommes politiques
albanais de Macédoine doivent faire
entendre leur désaccord avec les rebelles
de la nouvelle UCK, eux seuls peuvent
encore aider les Albanais qui ont
trop souffert.
Il serait inadmissible que les rapports,
déjà tendus et difficiles entre les
Serbes et les Albanais, ne s'aggravent
davantage avec l'hostilité macédonienne.
Cette nouvelle tragédie va assombrir
les Albanais impatients et torturés
par un passé maintes fois parsemé
de massacres. L'OTAN change de camp
et soutient l'armée yougoslave, voilà
la récompense de tant de sacrifice.
Il ne faut pas abandonner ce peuple
encore si fragile car la limite entre
la paix et la guerre est bien floue
et fragile dans cette région où la
rancœur et la vengeance sont monnaie
courante.
Avril
2001, Alezane
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