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Les
réfugiés kurdes
ont envahi nos petits écrans et notre
vie quotidienne. La France et les
Français, dans leur bon cœur s'insurgent
face à cette exploitation humaine.
Les médias et la télévision ont un
nouveau scoop, ce qui remplace nos
informations nationales lassantes.
Les médias décortiquent la vie désespérée
de ces réfugiés, en y ajoutant les
ingrédients essentiels à tout sensationnisme
: une femme qui pleure l'air désemparé,
un beau bébé qui a survécu et naturellement,
les enfants mal vêtus et les yeux
hagards.
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Mais comment rester insensibles
face à l'horreur de la situation
? On en oublierait presque nos
" propres " réfugiés que l'on
nomme immigrés ou plus simplement
sans-papiers. La population
s'offusque, tremble devant cette
misère, mais acceptera-t-elle
de faire une place à ces réfugiés,
sachant pertinemment que l'asile
politique leur sera refusée
?
Des
voix moins compatissantes s'élèvent
derrière la manne générale.
On croit distinguer le tollé
de Monsieur Pasqua : la France
aux français, non aux étrangers
! Ou se situe l'extrême de la
droite face à ce discours ?
On entend aussi un murmure dicté
par Monsieur Chevènement : il
prône la fermeté face à de tels
arrivages, pourtant ces Kurdes
n'ont pas débarqué en Corse...
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Comment
comprendre cette notion de réfugiés
? On est réfugié lorsqu'on se " réfugie
" dans un pays qui n'est pas le nôtre.
Le mot " pays " engendre le mot plus
complexe de terre. Une terre habitée
par une population qui se veut distincte
des autres et qui s'estime " mieux
que ". En découle tout naturellement
la notion de territoire et s'en suit
celle de Nation. Le pire des maux
de l'Etre Humain et Dieu sait qu'il
en a. (Serait-ce de sa faute d'ailleurs
?) Mais c'est une autre question.
Le problème inhérent à la question
des étrangers, réfugiés ou non, est
celui de l'acceptation de l'Autre
sur sa Terre. Mettons-nous cinq minutes
dans le cas des immigrés. S'ils se
dirigent en masse vers nos contrées,
c'est que leur pays d'origine est
ravagé soit économiquement (et le
plus souvent par notre faute) et socialement
(souvent aussi à cause de notre intrusion).
Quand je dis nous, je parle des pays
économiquement fort et industrialisés,
comme la France. Si nous étions dans
une situation semblable à la leur,
nous prierions Dieu qu'un pays bienfaiteur
puisse nous accueillir.
En quoi la terre n'est-elle possession
que d'une seule Nation, de quel droit
? De nos jours le droit économique
et " social " l'emportent sur le droit
humain. Pour quelle situation que
ce soit, cette dominante est vraie.
Cette notion de territoire est la
plaie de l'humanité. Et notre politique
publique est la suivante : " Laissons
crever les autres tant qu'on ne les
voit pas et que cela n'affecte pas
notre petite vie " n'est-ce pas ce
que pensent les Anglo-saxons ? Certes,
mais nous, les Français, nous sommes
extrêmes. L'Amérique est une terre
d'accueil, la France est une terre
d'exclusion.
Alors comment régler le dilemme entre
la sauvegarde de nos intérêts et notre
sensible humanité ? Il faut un regard
humanitaire mais aussi des lois plus
souples. Les métiers que ces gens
sont prêts à accepter sont rejetés
par les Français, laissons-leur la
place. Il ne faut pas trembler face
à l'étranger inconnu et inquiétant.
Il faut l'aider à s'intégrer mais
sans lui ôter sa spécificité. C'est
une tâche bien plus délicate que l'exclusion,
mais elle fera de nous des Français
plus tolérants et moins adeptes à
la xénophobie. Respectons les immigrés,
la dignité humaine et ils nous respecterons.
Intégrons-les dans cette Nation chauvine
et ils deviendront un formidable potentiel
culturel et social.
Ce que nous ne devons pas oublier
c'est que ce naufrage nous rappelle
le triste sort des migrants soumis
à un trafic humain inlassablement
violent et croissant. Mais surtout,
il faut essayer de ne pas oublier
et de se souvenir que partout dans
le monde, il y a des personnes qui
ne sont que des victimes et que nous
pouvons aider, si nous le voulons
réellement. Quelque soit notre comportement,
nous devons nous souvenir que les
droits humains sont égaux et qu'il
est pénible et long de les faire respecter.
Alezane
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