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Le
Maroc a, jusqu'au cessez-le feu de
septembre 1991, dépensé entre 1,5
et 2 millions de dollars par jour
pour sa seule présence militaire au
Sahara sans pouvoir l'emporter définitivement.
Il a, entre autres, érigé un "mur
de sable" qui protège les 85%
du territoire contrôlé par le Maroc.
Cette situation a mené les autorités
marocaines à rechercher une solution
politique au problème. C'est ainsi
que l'hypothèse du référendum - longtemps
refusée "parce qu'il n'aurait
pas eu de sens de demander à des Marocains
s'ils étaient marocains" - a
finalement été acceptée par le Maroc.
Les investissements énormes du Maroc
pour la population locale apparaissent
à cet égard comme une véritable campagne
électorale. Le Polisario, quant à
lui, a toujours souhaité un référendum
sous contrôle des Nations Unies, qu'il
aurait voulu sans présence de l'armée
marocaine
Une
question délicate est de savoir qui
pourra prendre part à ce référendum.
La base acceptée par tous est la liste
de ceux dont les noms figurent dans
le recensement espagnol de 1974, dont
la liste a été déposée aux Nations
Unies, ainsi que leurs descendants.
Le Polisario souhaite y ajouter ceux
des exilés de Tindouf qui n'ont pas
de parents sur cette liste, tandis
que Rabat veut y inclure près de 200.000
personnes habitant le Maroc et qui,
selon lui, seraient venues s'y établir
jadis pour fuir le colonisateur espagnol.
Les
Nations Unies sont présentes sur le
terrain depuis 1991 avec une mission
de 400 hommes, la MINURSO, qui dispose
d'un budget annuel de 30 millions
de dollars pour préparer le référendum.
Reporté à de nombreuses reprises,
celui-ci est maintenant prévu pour
le premier trimestre 2000.
Alors
que le Maroc et le Polisario ont tous
deux accepté le principe du référendum
comme issue au conflit, ils ne sont
toujours pas d'accord sur ceux qui
pourront prendre part à la consultation.
147.000 votants acceptés par les deux
parties ont déjà été identifiés par
la Minurso mais l'éligibilité des
membres de trois tribus, représentant
quelques 65.000 personnes environ,
reste en discussion.
Un
nouvel élément vient hypothéquer le
résultat de cette consultation et
pourrait inciter le Maroc à la reporter
indéfiniment, à savoir l'antagonisme
croissant entre les Sahraouis pro-marocains
et les nombreux Marocains venus s'installer
dans la région (ces derniers constitueraient
par exemple 70% de la population d'El-Ayoun
...). Des incidents ont éclatés à
plusieurs reprises entre les deux
populations, notamment les 22 et 23
septembre 1999 (suite à ceux-ci, 27
Marocains ont été condamnés à des
peines de dix à quinze ans de prison
ferme).
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