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La
troisième génération
de villes bretonnes coïncident
avec la montée de la féodalité,
l'éclatement de pouvoir ducal
et des trois contes de Nantes, Rennes
ou de Cornoaille au profit de leurs
proches, vicomtes ou barons, qui entendent
incarner leurs hautes fonctions dans
la possession de terres et de châteaux.
Ainsi s'explique, dans la première
moitié du XIème siècle,
la constitution des plus importantes
seigneuries châtelaines. L'exemple
est vite contagieux et suscite la
création de mottes féodales
auprès desquelles naissent
"les bourgs castraux". Ces
mottes, buttes artificiels surmontées
de donjons en bois, sont établies
à proximité de gués
ou de ponts.
Mais,
devant les progrès militaires,
ces mottes sont bientôt installées
ou tranférées sur des
promontoirs, avec donjons en pierres
dès 1200. Elles sont à
l'origine avec leur bourg de "roches
fortes" protégées
par une large enceinte de bois, puis,
parfois, plus ou moins tardivement,
par une autre, plus réduite,
en pierre.
Les
mottes et leurs bourgs castraux, implantés
dans des zone basses de façon
trop précoce ou sur les Marches
de Bretagne et non tranférables
en raison de leur importance ou de
leur rôle stratégique,
sont dotés d'étonnantes
protections par l'eau ou perdent tout
rôle militaire au profit des
fonctions administratives et commerciales,
comme certaines roches fortes, dont
le château est détruit
lors des guerres de Succession. A
noter la construction fréquente,
dans ces villes démunies de
défense, de maisons-tours,
sorte de guet.
La
fondation de ces bourgs castraux est,
jusqu'en 1150, étroitement
associée à la création
d'un prieuré d'abbaye, dont
le rayonnement spirituel est censé
attirer les futurs bourgeois, commerçants
et artisans. Le prieuré, souvent
dédié à Notre-Dame,
est établi sur des terres données
par le seigneur, avec d'autres lébéralités
(droit de justice, moulins...). Ils
deviennent souvent le siège
de nouvelles paroisses détachées
de communes voisines, d'où
leur faible superficie. Toutefois,
c'est la chapelle castrale, et non
le prieuré, qui prend le rang
de paroisse quand il existe un bourg
seignerial spécifique et que
celui-ci s'affirme face à un
bourg prieural.
Les
deux dernières villes féodales
de Bretagne, Saint-Aubin du Cormier
et Le Gâvre, sont créées
en 1223 et 1225 par Pierre Mauclerc
sur ce principe puisqu'ellles n'ont
pas de prieuré.
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